A propos des roses de Marrast et des roses en général

par Jochem Klumpen

Ne vous attendez pas à un discours botanique sur les roses.Je parlerai plutôt de nos expérience avec elles ici à Marrast et rappellerai quelques notions et techniques de base.

Quand Florent Harté crée la roseraie en 2009 il choisit surtout des roses qui lui permettent de confectionner des bouquetsEt la rose la plus utilisée à cet effet , c’est la rose moderne.

Qu’est-ce qu’on entend par rose moderne ou floribunda, poltantha ou hybride de thé ?

C’est les variétés créées après la 2. guerre mondiale avec les caractéristiques suivantes :

Les rosiers anciens sont aussi présent dans nos massifs Hélas la plupart ne fleurissent qu’une fois , par contre leurs fleurs sont  en général très parfumées et leurs port est plus souples que celui des roses modernes Nous avons ici Charles de Mills (aux  grandes fleurs pourpres qui fait partie des rosiers les plus anciens cultivés, les rosiers galliques), nous avons Jacques Cartier  (synonyme "Marquesa Boccella" développé par Desprez en 1840, excellent parfum, recommandé pour les petits jardin) et Cuisse de Nymphe ,un classique connu depuis le XVe siècle, Fantin- Latour,   dont les grandes fleurs roses et doubles décoraient dejà les peintures flamandes du XVIIsiècle, et un grand nombre de roses moussues, également délicieusement parfumées.Parmi  les grimpants anciens figure le Roi du Siam, Veilchenblau  et des variétés non identifiées.

Parfois on a du mal à mettre un rosier dans une des 2 catégories , spécialement en hiver ou quand les sujets sont jeunes et pas encore formés. Mais il y a un critère qui permet l’identification : Contrairement aux rosiers modernes , les tiges des anciens ont pleins d’épines ou aiguillons.

La plupart des rosiers dans nos massifs sont des rosiers buisson. Les plus hauts ont été transplanté avec succès à l’ automne dernier et on les a placés au fond ou aux angles pour éviter qu’ils cachent les rosiers plus bas.

Les plus bas qui ne dépassent pas les 60 cm de hauteur sont les rosiers couvre-sol ou rampants comme Opalia ou Swany.

Un grimpant s’est égaré dans le massif de gauche : Ghislaine de Féligonde.Malgé l 'absence de support , on a décidé de le laisser en paix.

De part et d’autre du pavillon vous avez également des grimpants : A gauche un rosier très odorant : Le Roi du Siam et à droite, très florifère, Madame Alfrèd Carrière.

 

N’oublions pas les roses botaniques, c’est-à-dire les roses qu’on cultive sous leur formes sauvage. Mais attention : Toutes les roses à fleurs simples ne sont pas botaniques. Par exemple Ballerina, Sally Holmes ou Astronomia : Leurs fleur n’ont pas plus de 5 pétales , mais leur feuillage épais et vert et leur vigueur indiquent qu’il s’agit bien de roses modernes.

Pour savoir s’il s’agit d’une rose botanique il y a un indice :Une feuille est composée de 7 ou 9 folioles au lieu de 5 pour les modernes.

Nos critères pour le choix d’un rosier quand il s’agit d’en remplacer un vieux sont à part la beauté de sa fleur et son parfum sa résistance aux maladies. C’est par ex. le cas de tous les rosiers avec le sigle ADR ( = Allgemeine Deutsche Rosenpruefung) qu’obtiennent seulement les variétés  après des années d’observation de leur rusticité et leur résistance aux maladies. Nous en avons 3 variétés : Gruss an Aachen, Bonica 82 et Larissa.

Quant aux remontantes et odorantes à la fois on est souvent comblé par les roses anglaises, notamment celles du rosiériste David Austin avec des variétés déjà mentionnées. Tintoretta nous a été recommandée par une visiteuse .On l’a planté en nov. 2018 à racine nues et déjà elle nous séduit aves son parfum de rose ancienne aux nuances de miel et d’amande. Le Prince Jardinier nous promet un parfum puissant, mais  ses boutons sont seulement en formation et on. La même chose pour Fragonard ,un hybride de thé moderne baptisé par le rosiériste Delbard et la maison Fragonard, célèbre parfumeur de la Riviéra. On l’avait découvert  en visitant en 2018 les magnifiques jardin de la Villa Ephrussi de Rothschild.

En ce moment on a pleins de problèmes avec des nuisibles: La pyrale pour le buis , le papillon Paysandisia Archon, dont la larve mange le coeur de ces derniers et pour les cyprès de Florence qui avant étaient toute notre fierté un brunissement soudain, causé par le phytophtora, un champignon qui attaque les racines. Avant 2019 on pouvait le combattre avec le  produit Alliette, interdit désormais en France.

Mais pour les roses cela se passe plutôt bien jusqu'à présent, et cela pour plusieurs raisons: Le sol limoneux bien fertile et neutre que avons ici grâce à l'Adour leur convient, l'ensoleillement aussi et on les nourrit bien avec un engrais organique.Sur les conseils d'un rosiériste du Béarn on utilise Biomazor, un améliorateur de sol qui augmente le taux de matière organique.

Attention aux engrais chimiques : Les roses anciennes et botaniques les tolérent mal. Un apport mal dosé peut se traduire par une brûlure du feuillage dans les jours qui suivent.Du compost mûr et du fumier décomposé leur suffisent. Les grands buissons de rosiers apprécient le même apport à leur pieds en hiver, mais ils exigent un sol suffisamment riche pour fleurir abondamment.Il faut donc les fertiliser avec un engrais organique ou chimique..

Le meilleur moment de fertilisation au printemps est quand les pousses ont 10 cm de long.Et on refertilise après les fortes chaleur d'été courant septembre pour profiter d'une belle floraison automnale.

Un mot concernant  l'arrosage: Dans la nature les rosiers sont issus d'un milieu plutôt sec.Donc jamais d'arrosage automatique qui favorise les maladies racinaires.

Le première année l'arrosage les aide à s'installer et il faut les aider aussi lors d'une période de sécheresse prolongée.

Quant à la taille elle est très différente pour les 2 types principaux de rosiers:

Les rosiers à massifs, c'est-à-dire les floribunda , polyantha, les hybrides de thé et les roses anglaises qui , comme on l'a vu tout à l'heure sont  malgre leur aspect ancien en réalité des roses modernes, se taillent courts.

Pourquoi? - Pour encourager la formation de jeunes tiges et favoriser ainsi la floraison.Et cela à la fin de l'hiver après les fortes gelées.Dans les régions à climat doux où le soleil réchauffe la végétation de bonne heure la taille peut se faire dès la mi-décembre.

Les rosiers anciens par contre se taillent après leur floraison unique  en réduisant d'un quart la longueur des branches dont les fleurs sont fânées.

Il existe quelques variétes anciennes remontantes comme par ex. Jacques Cartier.Il faut ls tailler selon le principe des rosiers buisson en ayant la main légère.

Et les rosiers botaniques se taillent très peu, voire pas du tout, sauf quand ils deviennent trop encombrants.

Les rosiers qui drageonnent comme le rosier rugueux ou celui à fleur de pimprenelle ne supporte pas le moindre coup de sécateur.Mieux vaut couper leurs tiges à ras.

Une information importante à la fin concernant la plantation.Il faut éviter de planter un rosier dans un endroit récemment occupé par un prédécesseur .Celui émet dans le sol des toxines destinées à éloigner les congénères de leur territoire.Il vaut donc mieux renouveler la terre sur une largeur et profondeur de 50 cm.