A PROPOS DE LA SORTIE EN DORDOGNE (4,5,6 juin 2008)
Voir programme NEURISSE/CASTELBAJAC en page 4

Première visite à EYMET chez Madame de la SOURCE. La chartreuse s’appelle POUTHET qui est le pluriel de Pouthou qui veut dire en Périgourdin « petit baiser » cela commence bien. L’arrivée s’effectue par une longue allée de cèdres qui ont lutté avec succès contre de nombreuses tempêtes pour garder leur majesté. La chartreuse est surélevée sans doute pour laisser la place aux sculptures de buis taillés qui en soulignent la forme gracieuse.

Dans une dépendance fort bien aménagée à partir d’anciens fours à pain et à prunes, nous avons fait un pique-nique somptueux avec concours de pâtés maison et salades fraîches et variées préparées par les doigts de fée des organisatrices. La décoration en provenance des lieux mêmes consistait en paniers remplis artistiquement de plants de légumes à distribuer ; les plants qui ont eu la faveur des invités ont été ceux de betterave rouge, qui nous ont accompagné tout au long du trajet (j’espère pour eux qu’ils sont arrivés indemnes).

Un potager, tiré au cordeau, laisse à penser qu’il y aura bientôt à Pouthet un foisonnement de légumes et beaucoup de petites mains pour les cueillir et l’art de la maîtresse des lieux pour les préparer.

Deuxième arrêt : Le Château des MILANDES. Heureusement, nous avons pu éviter « le truc en plumes » et le régime de bananes où je pense. Le parc est en restauration et le château se voit agrandi de diverses terrasses et des perspectives mettent en valeur de très beaux arbres. Quelques aigles et faucons s’ébattent et obéissent aux pattes et à l’œil à leur instructeur. Il y a aussi des hiboux en cage qui vous regardent d’un air hébété attendant sans doute la nuit pour nous réveiller lorsque nous dormirons (loin d’eux heureusement !)

Avec MARQUESSAC , nous rentrons dans le vif du sujet des jardins périgourdins : les topiaires. Autour d’un château XVIII, se trouve un éboulis de ce qui ressemble de loin à de gros cailloux moussus se bousculant sur les pentes ; certains déboulent même au-delà de la paroi rocheuse : un grand salut aux acrobates qui les bichonnent. Car ce ne sont pas des cailloux mais des buis dont les formes semblent être taillées selon la fantaisie du jardinier.

La promenade amène à un belvédère. D’un côté, vision en hauteur des topiaires en donne une image différente et aussi étonnante, de l’autre, panorama splendide sur les villages et châteaux de la rive opposée de la Dordogne.

Notre hâvre, pour les deux nuits, est proche de LA ROQUE GAJEAC. Heureusement qu’il n’est pas en bas du village car nous nous serions attendus à ce que d’un moment à l’autre un bout de rocher nous tombe sur la tête tant l’escarpement est abrupt. Notre hôtel, loin des risques, est le plus écologique qui soit, comme nous l’a expliqué le patron avec tant d’insistance que nous avons eu peur, à un moment, qu’il ne mette un couvre-feux pour économiser l’énergie.
{mospagebreak}Ce ne fut pas le cas. Toutefois, sa fibre écologique ne l’a pas amené à une isolation phonique de la salle à manger.

Frais et dispos, nous partons le lendemain matin pour SARLAT. Nous connaissions tous SARLAT, mais notre guide féminine en a rajouté avec beaucoup d’humour sur la couleur locale.

D’abord, elle nous a appris que seuls les habitants du département 24, Dordogne, s’appelaient Périgourdins.

En trois phases, elle nous a fait passer l’ascenseur social de la roture, au commerce et à la noblesse. Pour mettre sa noblesse en évidence, après les épisodes précédents, il fallait construire la tour la plus haute au point qu’elle nous a signalé une Tour dont l’intérieur est vide et sans entrée, mais accolée à une maison devenue aussi noble que possible.

En trois minutes chrono. notre guide nous a expliqué la guerre de cent ans : Aliénor d’Aquitaine, Henri II Plantagenet … et le résultat pour le Périgord des centaines de châteaux formidables le long de la Dordogne, s’épiant, se jalousant, rivalisant d’ardeur, le long du cañon. C’est ce qui fait la gloire du pays non seulement touristiquement mais également grâce à la venue pacifique d’Anglais qui s’y installent et trouvent parmi les restes architecturaux de leurs ancêtres une nouvelle patrie.

Donc SARLAT doit sa fortune actuelle à la Guerre de Cent Ans et au fait qu’elle soit restée constamment fidèle au Roi de France, lequel, en reconnaissance lui a ouvert sa bourse ce qui a permis de transformer les maisons de bois en hôtels particuliers construits en bonne pierre de taille. Ceux-ci devinrent de plus en plus nombreux et encombrants (d’où les encorbellements) au cours des siècles et la gloire de Sarlat fut atteinte avec la construction de l’hôtel d’Etienne de la BOETIE, l’ami de MONTAIGNE (vous vous rappelez « parce que c’était lui, parce que c’était moi »).

Seconde chance pour Sarlat, Mr.BOISSARIE et André MALRAUX qui, pris d’un engouement pour la ville, a également ouverts sa bourse afin de faire paver les rues et organiser sanitaire et électricité.

« Enfin NOUVEL vint » et transforma une église romano/gothique en marché couvert et ouvert muni d’immenses portes lisses, peintes en gris, qui parait-il, donnent une touche de modernisme à un ensemble dédié aux siècles passés.

EYRIGNAC : La Mecque du Topiaire. Un chef-d’œuvre solennel comme une Cathédrale en plein air, la perfection dans l’art. Nous passons d’une chapelle à l’autre, d’une allée centrale aux bosquets voisins et aux pièces d’eau avec superbes vases bien alignés. Un peu dommage que l’on ne puisse avoir une vue aérienne de l’ensemble. Mais nous avons suivi sagement notre guide et ce n’est pas prévu. Nous avons admiré ifs, charmes taillés en pyramides, spirale ou cylindre ainsi que le manoir et les pavillons chinois et toriis japonais

Insolite, juxtaposé se trouve un jardin blanc que l’on peut, lui, dominer un peu. Sa symétrie parfaite vous donne envie de trouver un défaut quelque part. Mais il n’y en n’a pas.
{mosimage}VEYRIGNAC : nous entrons dans le parc d’un Château XVIII, reconstruit à la perfection à la suite d’un incendie.

Nous commençons par admirer, fleur par fleur, la ravissante allée de « mixed border » puis, nous rendant compte qu’elle a plus de cent mètres de long, nous reculons pour admirer l’ensemble, spectaculaire ; nous dirigeant vers un parterre de roses nous commençons à regarder les étiquettes : Austin, Meillant … puis nous nous rendons compte que la visite est loin d’être terminée : un jardin toscan entourant un long bassin rectiligne reflétant les ifs qui le bordent, un promontoire pour admirer le coude de la Dordogne aux reflets changeants au milieu d’une végétation exubérante, une piscine XVIII avec fontaine assortie, un étang avec plantes aquatiques, une autre « mixed border » en gestation, un bosquet nouvellement planté où les « quercus » s’ils sont destinés à être centenaires auront du mal à trouver leur place vue la densité de l’ensemble.

Entre temps, nous avions visité le très joli jardin (plus sobre en dimensions) de Madame BAUDRON. On y accède par un chemin creux rustique, on descend dans un espace un peu ébouriffé, plein de roses et autres arbustes fleuris ; le traçé des lieux nous amène vers un point de vue qui donne une autre idée et perspective de l’ensemble d’autant qu’il est agrémenté d’une cascade bruissante au milieu de plantes savamment sauvages.

Jardin de fleurs, jardin Bio de Mr.& Mme. LAPOUGE à SAINT GYBRANET. Ce parc donne l’impression (fausse bien sur) d’absence de travail et d’efforts. Les plantes ont l’air d’avoir poussé seules, au gré de semis jetés par le vent et la nature. Jardin écologique en ce sens qu’au pied des arbres risquant des parasites, poussent des plantes anti-ces-mêmes parasites (le tout est de trouver le dot et le bon anti-dot).

Juxtaposé, se trouve un jardin de topiaires en pente, mais contrairement aux jardins du même type, les topiaires poussent sur leur propre pousse de buis au hasard du cheminement des racines et la taille varie selon l’année et l’humeur du jardinier.

Grimpant sur la colline sauvage, l’on découvre un paysage de forêts au milieu de laquelle semble avoir été posées quelques maisons au jolis toits dans un ordre qui n’a rien à voir avec les lotissements citadins.

Le dernier jour, nous avons vécu l’évocation des NYMPHEAS de Claude Monnet. Ce n’était pas Givenchy mais l’origine de Givenchy. Avant M Joseph Bory LATOUR MARLIAC (1895) il semble qu’existaient seulement des nénuphars blancs. Des croisements savants ont permis d’obtenir des hybrides blancs à reflets bleutés, et divers tons de rose qui ont alimenté la palette du peintre.

L’actuelle société LATOUR-MARLIAC, pilotée par le nouveau propriétaire, un jeune homme du New Hampshire (E.U.) vend des rhizomes et des bulbes de nénuphars dans le monde entier (Japon 20%).
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Parmi les quelques 80 bassins, certains étaient destinés à la culture des lotus dont les feuilles flottantes atteignent parfois 50 cm de diamètre. Dans un autre voyage, en Australie, nous avions vu de petits oiseaux sautiller gracieusement d’une feuille de lotus à l’autre s’abreuvant entre deux.

Nous avons fait le tour d’un étang, bordé de plantes aquatiques qui font les délices des ragondins et autres prédateurs.

TEMPLE SUR LOT : berceau mondial du nénuphar. Il fallait vraiment le savoir et le connaître.

J’ai gardé pour la fin, le joyau inattendu découvert au débouché d’une sinueuse route à travers bois :
la Chartreuse de CONTY, où nous sommes chaleureusement accueillis par Mr. & Mme. Dominique SAVARY.

Cette chartreuse n’est pas surélevée, comme la première visitée, mais posée sur un épais tapis de gazon qui prête son support à toutes sortes de fantaisies harmonieuses : une allée de lauriers, des » mixed borders » quelques topiaires, un parterre de roses anciennes, un petit bassin longiligne. Le plus spectaculaire est l’allée bordée de cyprès, de buis taillés, de vases et de fleurs. En la parcourant depuis la terrasse de la chartreuse, l’on a à droite et à gauche des échappées sur le paysage encadré de verdure jusqu’à l’arrivée en fin de l’allée où le spectacle s’ouvre sur de douces collines boisées, des villages anciens… et au-dessus l’immensité du ciel dont les nuages forment un décor sans cesse changeant.

Dans ce cadre enchanté, nous avons admiré l’aménagement des lieux où le charme d’antan rivalise avec le modernisme des techniques de pointe en matériel de cuisine et informatique.

Et nous avons bénéficié d’un apéritif aussi soigné que le décor.

En résumé, nous pensions qu’il y avait un Périgord noir, un blanc, un pourpre …. Nous n’avons vu que du VERT dans tous les tons. Nous nous plaignons d’avoir à tailler sans arrêt dans nos parcs et jardins dont la végétation devient échevelée (réchauffement climatique ?) que dirions-nous si nous étions jardiniers de topiaires !!!

C’est le talent du Périgord d’avoir trouvé un moyen original de tirer parti d’un sol rocailleux, sec et aride. Ce périple a été pour nous instructif, plein d’intérêt et de charme et nous a fait découvrir de nouvelles facettes de cette région que nous croyions connaître.

Et maintenant, tous à vos sécateurs !

Marie-Hélène Béraud-Sudreau{mospagebreak}
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