A.P.J.A. des LANDES -  Journée du 24 octobre 2014-10-26 
« LA RECOLTE DU SAFRAN » 
Impressions par Marie-Hélène Béraud-Sudreau 


Depuis notre perchoir de St.Martin-de-Hinx, nous avons appris que les Pyrénées font des caprices pour se montrer, il y a des jours « avec » et des jours « sans ».  Le 24/10 était un jour « super avec » et la route nous menant à Saint-Lucq-de-Béarn par Navarrenx nous a réservé des vues splendides. 
Ce-jour, nous nous intéressions au Safran, plante tellement discrète, alors qu’elle est surnommée l’Or Rouge. 
Nous approchons des fêtes de fin  d’année.   Il est étonnant que les Rois Mages, leur pays d’où provient cette plante, n’aient pas eu l’idée d’ajouter le SAFRAN à l’or, l’encens et la myrrhe.  Ils en  ont vraiment raté la promotion. 
A Lucq-de-Béarn, nous avons beaucoup appris grâce à une cultivatrice enthousiaste, Madame Cathy HOURGRAS  « Rouge Safran »,  ambassadrice du Safran ; charmante, érudite, avec des idées plein la tête et l’allant pour développer toutes sortes de créations.  Elle nous parle gaiement avec un sourire permanent tellement naturel que l’on se demande si elle le garde pour dormir. 
Nous avons donc foulé le champ des « crocus sativus ».  Les températures si variables en  cet automne 2014 n’avaient pas permis beaucoup d’éclosions ce jour-là.  Cependant, sur la vingtaine de personnes présentes, une vingtaine de poignées de fleurs ont été ramassées.  Le travail suivant consiste à retirer délicatement, fleur par fleur, les 3 stigmates rouges qui constituent l’essence même du Safran. Imaginez le rendement, même au smic ! 
Considérant qu’il faut 200 fleurs pour obtenir l gramme de safran, il est évident que les pays les plus producteurs sont ceux où la main d’œuvre est bon marché quant à la production, et où il existe un marché de nantis, bien nantis pour s’en goberger.   
Tout ce travail me fait penser aux points selliers qui font la gloire de la maison Hermès, chaque point à la main contribue à la qualité du produit de luxe.  Ici, chaque stigmate détaché à la main contribue à la qualité de « l’Epice la plus chère du Monde » et  la France est  dans le peloton de tête des safrans les plus recherchés. 
Côté pratique, dans le laboratoire de « Rouge Safran » nous avons dégusté des gâteaux, des confitures, des petites meringues sur lesquels nous nous sommes concentrés pour reconnaître le goût du safran.  Il était particulièrement accentué  dans de  délicates crèmes  maison, légères  et sucrées. 
Le Safran est utilisé principalement pour ses vertus culinaires, similarité avec la truffe.  Ces subtiles préparations confèrent un goût unique aux aliments qu’ils honorent de leur présence plus qu’ils ne dégagent de goût en eux-mêmes. 
Une très petite quantité de safran -  3 à 4 pistils à peine séchés – suffisent à parfumer un plat. Ajouter en fin de cuisson. Ne jamais faire bouillir. Eviter d’acheter des stigmates dont l’extrémité est blanche ou jaune (partie qui ne présente aucun intérêt gustatif) 
Curieusement, les stigmates sont rouge cramoisi mais confèrent une couleur jaune/ocre. 
Les liqueurs d’Izarra, la Chartreuse sont redevables au safran non seulement de leur couleur mais également de la finesse de leur parfum.  Ici même, « Rouge Safran » propose une gelée de Jurançon au safran que nous nous empresserons de déguster à la meilleure occasion. 
Autre utilisation : la Médecine.  Depuis toujours, tout bon apothicaire conseillait le safran pour guérir toutes sortes de maladies du  rhume au cancer. 
Il est aussi euphorisant.  Un bourdon qui s’approche de trop  près des fleurs, halluciné, cesse de bourdonner. 
Encore une autre utilisation : la teinture de textiles.  On cite les robes des moines bouddhistes.  Toutefois, je doute que ces moines, réduits à mendier leur pitance, aient fait les frais de teindre leur vêtement avec du vrai safran (bien qu’un volume de safran colore 100 000 fois son volume d’eau.) Mais, les voies de Bouddha sont impénétrables ! 


Au pays d’Henri IV,   tout ce que nous souhaitons à notre hôtesse est que chaque Béarnais puisse mettre une poule au safran dans son pot tous les dimanches. 
II - PEPINIERES SCRIVE – Antoine SCRIVE à  ESTIBEAUX 40290 LA PRODUCTION DU   « LAGERSTROEMIA » 
Pour varier les plaisirs, l’après-midi a été consacré aux LAGESTROEMIAS (par la suite « L ») 
Nous nous sommes rendus dans le saint-des-saints du L : Monsieur Antoine SCRIVE à Estibeaux. 
Pour commencer par le commencement, Charlotte nous a expliqué l’origine du nom  « Lagerstroemia » 
Vers les années 1750, un suédois : Magnus von Lagestroem, membre de l’hanséatique, affrétait des bateaux destination l’Orient pour en ramener des épices. Par chance, une plante s’est trouvée dans le lot, confiée au botaniste français M. Linné, lequel a réussi à acclimater la plante et lui a généreusement donné le nom de son pourvoyeur. 
Revenant à  Antoine SCRIVE : cette société existe depuis 1936. A l’origine, pépinière de pommiers et poiriers.  Les soubresauts politiques et climatiques ont provoqué l’abandon de cette filière.  Après divers tâtonnements, Antoine SCRIVE s’est intéressé, à partir de 1993/6 aux « L » 
Regardez cet arbre dans la nature, respectez-le.  Il est l’aboutissement d’un processus long et élaboré. 
Nous avons contemplé une forêt de L, par rangs  de 150 de long et par colonnes de largeur variée en fonction d’une hauteur de tronc définie. 
SCRIVE « élève » c’est le cas de le dire, des L par les troncs, en plants bien serrés pour qu’ils se dressent vers la lumière et munis de tuteurs pour qu’ils ne dévient pas.    Ces troncs, bien droits,  son élevés depuis 2 ou 3 m jusqu’à 7 m et peut-être plus. 
A une période donnée, chaque tronc est greffé, à une hauteur choisie, pour que, à partir de ce point, il s’épanouisse en végétation et en floraison. 

Des particuliers et des paysagistes peuvent demander à A. SCRIVE des arbres sur mesure suivant le volume recherché par leur fantaisie. 
L est apprécié surtout pour sa floraison éclatante au soleil et hors saison,   pour la beauté de son tronc. 
Nous avons donc admiré le spectacle  des troncs de L de diverses hauteurs, en rangs serrés,  en tout quelques 30 000,  sous abri  et avec possibilité de chauffage pour pallier aux chutes brutales de températures. 
Il ne faut pas croire  que la « nursery » croît en hauteur et en bon ordre dans le meilleur des mondes !  
Une lutte sournoise et féroce se livre entre insectes : les uns amateurs des L, les autres amateurs des amateurs des L, finalement tous prédateurs. Aussi, le maître des lieux doit-il jongler entre les insectes amis ou ennemis et les directives officielles aussi changeantes que les saisons et les régimes politiques. 
SCRIVE a breveté une dizaine de variétés « aux coloris intenses et exclusifs » ce qui lui assure une place de choix dans la famille des L.  Ses recherches se portent également sur des variétés qui résisteraient à des climats moins cléments que le Sud de la Loire. 
Nous avons réalisé tout le travail et le talent qu’il faut à SCRIVE  pour aboutir aux « INDIYA CHARMS ». 
En conclusion, nous avons re-visité la crèche du Béarn : du safran pour les Rois Mages et, pour remplacer le sapin, un LAGESTROEMIA qui serait bien plus à sa place dans le contexte oriental. 
Cette journée faste nous amène à adresser des remerciements : - à nos organisatrices, pour le choix des visites, et leurs bons déroulements - à Madame Cathy HOURGRAS “ Rouge Safran “ - à Monsieur Antoine SCRIVE - à ceux qui ont mis à notre disposition « La Safranière » pour le pique-nique - à celles qui, à cette occasion, ont fait passer des gâteaux tous meilleurs les uns que les autres.  
                                                                                        Marie-Hélène Beraud-Sudreau

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